Ma carapace

par Mademoiselle Citrouille  -  8 Octobre 2015, 14:01  -  #Pensées

Ma carapace

Coucou,

Encore moi !!!

Dis donc c’est que je suis bavarde en ce moment, et blablabla blablabla…

Je ne m’arrête plus (et encore je me retiens), et puis je n’ai pas encore internet chez moi ca me limite (heureusement pour vous sinon ce serait l’overdose de moi).

Bien que ce soit une belle overdose, l’overdose de moi (aie mes chevilles).

Bon par contre je vous préviens avant toute chose. Vous avez le temps ? Un petit café ? Un plaid douillet ?? Parce que ça va être long...

Sinon vous pouvez revenir plus tard. L'article sera toujours là.

Aujourd’hui on va encore parler de moi, donc si ca vous ennuie vous pouvez quitter la salle. Je déconne, ca en vaut le détour… je vous donne envie là … hein ?

Je vais vous parler de ma carapace.

Celle que j’ai été contrainte de laisser tomber, de mettre de côté.

En fait ma carapace, je vous l’ai dit c’est une porte. Une jolie porte…

Et par quel miracle, par quel hasard on a trouvé la clef. On l’a ouvert et on m’a ouvert.

Et un peu comme en chirurgie, quand on t’ouvre (c’est moche comme image mais j’aime plutôt bien) ca fait mal…

Très mal.
C’est douloureux, on est affaiblie, on a des coups de mou et puis on est vidé de ses forces.

On devient dépendant.

Je suis devenue dépendante de la personne qui a trouvé c’te fichue clef que j’avais pourtant jeté au fond d’un océan.

Au delà de la dépendance on devient vulnérable, fragile.

Vraiment fragile, pas juste pour faire semblant d’être un petit être qu’on protège.

On devient vraiment un être fragile, dépourvue de défense face à une personne qui nous maitrise, qui nous connaît, qui nous cerne.

Face à cette personne qui est la moitié de nous.

Face à cette personne qui n’est pas un peu de nous, mais qui fait partie de nous, qui est devenu nous.

Et puis on a mal.

Clairement.

Quand on est vulnérable on souffre.

On souffre d’aimer.
On souffre pour tout un tas de raisons complétement idiotes et stupides.

On souffre pour une absence, on souffre pour une présence.

On souffre du présent, on souffre du futur.
On souffre pour un sourire, on souffre pour des larmes.

On souffre pour les promesses.
On souffre pour les espoirs.

On souffre de vivre un peu …

Comme de se lever le matin avec le cœur retourné.

Avec le cœur chamboulé d’aimer.

Avec de l’attente.

On souffre de se sentir bousculé.

On avance,

Pas après pas.

Jour après jour.

Jusqu’à ce qu’on cherche la solution pour aller mieux…

Et qu’on la trouve.

Et j’ai trouvé en fait.

J’ai repris cette clef.

Je l’ai prise discrètement, il lui a fallu un moment d’inattention.

Puis j’ai refermé la porte.

Et j’ai jeté la clef à nouveau dans l’océan.

Voilà, très loin au fond de l’infini (ou un truc qui y ressemble).

Et puis je sais qu’il sait plonger, et puis qu’il sait nager.

Et je sais qu’il va certainement essayer de récupérer cette putain de clef.

Oh oui je le sais, je le sais et donc j’ai pris des mesures.

Vous savez ce genre de mesure pour tenter de se protéger.

Des mesures exceptionnelles pour « enfouir, enfuir » sa vulnérabilité.

Et je suis en construction d’un mur devant la porte voilà.

Je ne sais pas trop bricoler, alors ca mettra du temps mais je bétonne.

Pierre après pierre.

Je ne sais pas bricoler alors c’est moyen, les fondations ne sont pas top mais bon… pour l’instant la porte est fermée à clef et la clef elle est loin… très loin.

Et puis je ne sais pas si j’aurais le temps de finaliser la carapace ou si il va venir me déconcentrer pendant que je construis ce mur.

Je ne sais pas trop, en fait si je sais. Je crois qu’il va venir papoter avec moi, me voir, me déconcentrer pour pas que je réussisse à finaliser le mur.

Je sais qu’il viendra pour détruire ma fondation de temps en temps, petit à petit, il déconstruira ce que j’ai mis du temps à reconstruire.

Je sais qu’il va plonger, qu’il va nager pour récupérer cette clef.

Je sais que ce que j’essaye de faire est vain.

Je sais que je me perds mon temps à essayer de me protéger.

Je sais que je ferais mieux d’accepter ma fragilité, ma vulnérabilité.

Je sais bien tout cela.

Et je sais qu’il va venir ouvrir à nouveau la porte.

C’est une question de temps, et puis j’essaye de l’utiliser pour me donner le sentiment que je gère.

Ce que je ne sais pas c’est comment gérer cette dépendance.

Comment gérer ?

Mes déceptions ?
Mes attentes ?
Mes rêves ?

Comment gérer ?

Son tempérament ?

Le mien ….

Sa vie ?

La mienne….

Comment gérer cette place qu’il prend dans ma vie ?

Et que je n’en prends pas autant dans la sienne ?

Comment gérer qu’il est ma priorité ?

Et que je ne suis pas la sienne.

La vrai question à tout cela…

C’est comment on gère d’aimer ?

Est-ce qu’on se laisse aimer ?

Est-ce qu’on préfère se protéger pour ne pas souffrir ?

Voilà, vous voyez il y a des miliards de questions à tout cela.

Mais il n’y a pas de réponses.

Car en réalité on ne décide de rien.

La vie, ELLE, décide.

Elle décide de nous bousculer, de nous faire aimer, de nous faire tomber.

La vie, ELLE, décide.

De mettre notre cœur entre d’autres mains.

Et puis on a beau s’accrocher, se démener pour le récupérer, pour ne pas le laisser partir.

On a beau y mettre toutes ses forces, il est trop tard.

Il est trop tard.

Une fois que l’on aime. Notre cœur il est plus à nous.

C’est fini.

Définitivement.

Vous pouvez bien lutter, essayer d’oublier, vous pouvez bien vous débattre, c’est trop tard.

Vraiment trop tard.

Juste que, il faut comprendre une chose, accepter d’aimer c’est difficile.

Accepter de se laisser aimer, aussi.

Accepter de se laisser aimer c’est donner de soi, c’est se donner.

Aimer, c’est difficile. Ce n’est pas un long fleuve tranquille, ca vous bouleverse de tout votre être.

Aimer ca bouleverse votre vie, ca bouscule vos certitudes.

M’en fiche d’être fragile, je m’en fiche d’essayer de reconstruire un mur qui sert à rien, ou de fermer une porte dont on retrouve toujours la clef.

Je m’en fiche que mes efforts pour me voiler la face paraissent stupides aux yeux du monde.

Je m’en fiche de tout cela.

Voilà, c’est juste moi.

J’essaye de lutter, non pas pour ne pas t’aimer, mais peut-être pour que tu ne m’aimes pas.

Pour ne pas te blesser, pour te prouver qu’en réalité je ne suis pas une fille digne d’être aimé.

Pour ne pas t’ennuyer avec mes défauts, avec ce que je suis.

Pour ne pas te décevoir avec mes états d’âmes et mes états d’amours.

En fait j’essaye de te protéger de l’abîme que je suis.

J’essaye sans vraiment y arriver, de ne pas tout te dire, de ne pas tout t’écrire.

J’essaye de te laisser libre, de te laisser voler, de te laisser tes ailes alors que j’aimerais juste que tu sois dans ma cage.

J’aimerais juste que tu sois « ma » cage.

Mademoiselle Citrouille

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