J’étais cette fille là – Chapitre 10

par Mademoiselle Citrouille  -  27 Décembre 2015, 04:44  -  #J'étais cette fille là

J’étais cette fille là – Chapitre 10

J’étais cette fille là.

Un peu minable.

Un peu pitoyable.

J’y croyais peut être encore au prince charmant,

Aux contes de fées.

Aux promesses sur tes lèvres.
J’y croyais, je le voulais, j’en rêvais.
Je le désirais.

J’aimais tes belles paroles.

Cela me permettait de m’accrocher à la vie, à nous, à moi.
En fait tu me maintenais en vie.

Je mourrais parfois.
Puis quand je te voyais je revivais.
Parfois j’étais fâchée, mais j’étais incapable de te résister.

Parfois je pleurais, mais quand je te voyais je souriais à nouveau.

Voilà.

Ca m’était tombé dessus comme une évidence.

Une évidence douloureuse.

Dont j’aurais préféré me passer.
Ou pas.
Je ne savais plus, je ne savais pas.
C’était quoi le mieux.
Aimer à en perdre la notion du temps, à en perdre le gout de la vie.
Ou ne t’avoir jamais connu.
Je crois que je préférais t’aimer.

J’aimais ton regard.
Je m’y perdais souvent.

Toujours même.

Je m’y égarais.

Je m’y vidais de ma vie.

J’étais cette fille là.

Qui te désirait, qui te voulait.

Au point de s’oublier.

Au point de vouloir s’évader.

Au point de vivre sur une autre planète.
Tu m’aimais je crois.

Enfin j’espérais vraiment.
Ne pas être seulement une distraction.
Je t’amusais parfois.
Avec mes rêves pleins la tête.

Tu rigolais avec moi.

Parfois aussi tu pleurais.

Car on se blessait.

On se faisait mal à en saigner.

Tu es le seul qui m’avait fait ressentir cette douleur.

Que seul le cœur ressent.

Tu es le seul qui me faisait sentir vivante.

Douloureusement.

J’en avais si mal de cette vie de rêve.
Je voulais de la réalité.
Je voulais de toi.
Je voulais des listes de courses, des factures, des diners ratés, des enguelades, des verres explosés sur le parquet.

Je voulais des rires, des promenades, des soirées, des moments d’amours, des nuits d’éternité.

Je voulais d’un quotidien avec toi.

J’étais cette fille là.

Qui voulait tout.

Qui attendait tout.
Qui rêvait à tout.

Mais qui t’aimais assez,

Pour te laisser me quitter,

Pour te laisser fuir,

Pour te laisser te sauver.

Je préférais ton bonheur au mien.
Avant toi je n’avais jamais compris la grandeur de l’amour.

Aujourd’hui je comprenais.
Aimer c’est préférer le bonheur de l’autre au sien.

Aimer c’est pouvoir rendre sa liberté à celui que l’on aime pour le sauver.

Pour le garder en vie.

Pour ne pas l’achever.

Voilà.

Je savais que quoi qu’il arrivait tu étais ma moitié.
On se retrouverait.

Maintenant ou demain.

Dans un an ou dans dix ans.

C’était une évidence.

J’étais cette fille là,

Qui pouvait déplacer des montagnes,

Puis la semaine d’après s’écrouler littéralement.
Ne pus vivre.

Ne plus se nourrir,

Ne plus dormir.

Ne plus vivre que pour tes promesses.
Ne plus vivre que dans l’attente de ton retour dans ma vie.

Ne plus vivre que pour une vie avec toi.

Voilà j’étais cette fille là.

Incapable de discernement.

Celle qui réfléchit après avoir agi.

Celle qui n’a pas de regret.

Celle qui préfère les rêves à la réalité.

J’aurais aimé avoir la force de m’enfuir.

Sans te détruire.

Mais j’en étais incapable.

Alors je décidais.
De me détruire.

De m’oublier.

De m’achever.
Jusqu’à ton retour partiel dans ma vie.

Jusqu’à un peu de toi.
Jusqu’à un peu mieux.

Jusqu’à notre prochaine nuit.

Jusqu’à tes prochains baisers.

Je faisais bien ce que je voulais d’abord, c’est moi qui choisissait.
Si je voulais en vivre.
Si je voulais en mourir.

Je crois que tu avais raison,

On s’aimait mal.

Je le savais déjà, que cela ne serait jamais simple.

Ni maintenant, ni demain.
Bien sur l’absence n’arrangeait rien.
Mais comme le disait notre chanson, on s’aimait trop pour s’aimer bien.
Voilà.
On le savait.
Maintenant il fallait que l’on sache si on préférait vivre de s’aimer mal ou vivre sans s’aimer.
Quoi que c’était complétement idiot ce que je disait.

On était incapable de vivre sans s’aimer.
L’amour ne se commande pas.

L’amour il vous tombe dessus.
Il vous cloue au sol.

Il enivre votre vie.
Il vous enivre, il vous rend dépendant.

Voilà,

J’étais cette fille là.

Complétement à la dérive de tes absences.

Je me sentais comme un ange avec un sourire mort sur les lèvres.

Comme un ange avec des larmes noires au cœur des yeux.

Comme un ange avec les ailes brisées et ensanglantées.

Comme un ange avec les pieds blessés dans les pas de l’incertitude.

Comme un ange avec les oreilles en attente de tes belles promesses.

Comme un ange avec la bouche en attente de ta morsure.

Je t’aimais.
Je t’aime.

Tu sais.

Tellement.
Je ne pouvais plus envisager une vie sans toi.

Je voulais que tu viennes me rejoindre dans mon bocal.

Qu'on y fasse notre nid.
Notre vie.

Mademoiselle Citrouille.

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