J'étais cette fille là - Chapitre 8

par Mademoiselle Citrouille  -  16 Décembre 2015, 20:38  -  #J'étais cette fille là

J'étais cette fille là - Chapitre 8

J’étais cette fille là,

Parfois torturée.

Sous mes airs de midinette,

Sous mes airs de lolita comme tu disais,

J’avais du mal à me pardonner,

J’avais du mal à vraiment m’aimer.
Alors tu avais peut-être raison.

Je me cachais.

Derrière les apparences, derrière les illusions.
Pour ne pas souffrir de désillusion.

Pour maitriser mon monde.

Pour me donner le sentiment que j’étais jolie ou que je pouvais plaire.

Mais c’était le cache misère à ma douleur, à ce manque d’estime.

J’avais tout tenté.

J’avais tenté la carapace physique, celle qui m’enrobait comme un bonbon, qui enrobait mon corps et mon cœur de rondeurs.

J’avais tenté de me cacher, de m’enfouir sous un amas de graisse.

Pour ne pas qu’on me voit, pour ne pas qu’on m’interpelle, pour ne pas qu’on me blesse.
J’avais juste changé ma carapace.

Je n’étais plus enrobée, en tout cas un peu moins.
J’avais toujours des formes, des rondeurs, des poignets d’amour, mais moins conséquent bien sur, ca ne freinait plus les regards.

Je ne sais pas trop ce que tu en pouvais en penser.

Tu pensais peut-être que j’avais confiance en moi, que j’étais sure de moi, fière de moi.
La démarche assurée et le petit sourire.
Mais non, en réalité, bien sur que non.

Les vêtements que je portais, léger, trop léger, c’était la légèreté que je voulais être.

Je voulais de la simplicité, de la vérité, de la légèreté.
Je voulais du bonheur, des rêves, de la joie.

Je voulais des rires, des sourires.

Je voulais juste vivre.
J’aimais bien sur, me maquiller, me pomponner, m’habiller.

Non pas pour que l’on me regarde en réalité.

Seulement pour avoir l’impression d’être comme les autres.

De ne plus être le déchet que j’avais été.

Sans pour autant me considérer davantage que comme cela.

Je voulais être jolie je crois aussi.

Même si je savais que je ne l’étais pas vraiment.
Je voulais l’être.

Voilà,

J’étais cette fille là, triste, torturée.

Qui souris autant qu’elle pleure.

Qui est fatiguée parfois de lutter contre elle.

J’étais parfois si épuisée d’essayer de recoller les morceaux de moi.
De comprendre mon corps.
De comprendre mes crises de boulimie.

De comprendre mes crises d’anorexie.

De comprendre mes folies.

J’étais si épuisée de me détester.
J’aurais aimé m’aimer,

J’aurais aimé avoir confiance en moi.

Je crois que mon corps était un peu le reflet de ma vie.

Des carapaces, des cicatrices, des écorchures.

J’étais marqué à vie par mon passé, par mes erreurs, par mes douleurs.

Puis il y avait toi.

A qui je m’ouvrais.

A qui je donnais.

A qui je m’offrais.

Comme je ne l’aurais jamais cru possible.

Petit à petit tu me mettais à découvert.

Je laissais partir la fille forte, j’étais à tes pieds, j’étais à genoux.

Devant toi, devant nous, devant mes blessures, devant ma vie.

J’ouvrais les yeux.
Je me rappelais parfois.
Je faisais aussi des cauchemars.

Je me rappelais…
J’avais si peur parfois, que tu quittes ma vie, effrayé par tout cela.

Que mes angoisses, que mes cauchemars, que ce que tu ravives en moi, t’éloigne de moi…

En fait, je n’étais pas juste une petite lolita aguicheuse, et aguichante.

J’étais une blessure, une plaie ouverte, je me cachais.

Et toi tu me dévorais.

Et tu me soignais parfois aussi.

J’étais cette fille là,

Joyeuse, souriante, mais si triste au fond, si malheureuse.
On ne refait pas le passé, mais on peut le regretter.

Je regrettais. Souvent.

Puis parfois je me disais que c’est peut-être ce qui m’avait conduit à toi.
Alors je souriais, à nouveau.

Je revivais.

Tu me rendais heureuse.

Parfois j’avais besoin de remettre ma carapace.
Tu comprenais, tu me laissais de l’espace.

Tu savais comment m’apprivoiser,

Tu savais comment m’apaiser.

Tu savais comment être ma moitié.

Tu sais je crois que l’on s’aimait si fort car toi aussi tu étais torturé.

On était à nous deux des âmes en dérive.

Des âmes en quête de rêve, de vie, de passion.

Voilà,

J’étais cette fille là.

Qui pleure le soir en silence.

Pour pouvoir se lever chaque matin avec le sourire.

J’étais cette fille là.

Qui donne à croire qu’elle s’aime.

Alors qu’en réalité elle se déteste.

J’avais si mal d’écrire ces mots.

De me livrer à mes écrits.

De m’endormir chaque soir dans mes maux.

Mademoiselle Citrouille

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