Le décompte de la douleur

par Mademoiselle Citrouille  -  29 Janvier 2016, 20:10  -  #Journal Intime

Le décompte de la douleur

J-0 –

Vingt deux heures et des paillettes :

Je ne sais pas encore.
Je crois que je devine déjà.
Mon corps souffre déjà.

Te voir à tout prix.

Au prix des larmes.

Au prix de l’insoupçonnable.

Mon corps.
Mes pieds.

Mes bras.

Sur le sol.

Froid.
Je gèle de mes mots.

De mes attentes.
Je veux mourir de t’entendre.

J-0 -

Minuit et des poussières :

Je tremble.

J’ai mal au ventre.

Le cœur se serre.

Le ventre se tord.

La gorge se noue.

Où est ma bulle ?

Où est ma bulle ?
Je dois me refugier ?
Comment.

Vite.

Putain….

Le cauchemar commence.
Mon cœur.
Mon corps.
Le savait.

Le sentait

Avant même de te voir.

Je le savais.

Ce n’est pas possible.

Tu es devant moi.
Je ne peux pas.
Je dois continuer.

Te regarder.

T’aimer.
Non.
Tu viens de me briser.

Non dit.

Omission.

Oubli.
Promesse qui s’écroule.

Dans tes larmes.

Dans ton cœur qui achève de m’achever.

Dans la douceur de tes mains que tu pose sur les miennes.

Dans ton regard qui en dit long.
Qui me cherche.

Qui me veut.

Dans ton regard.
Qui m’évite.
Qui me fuit.

J’aimerais crever sur place pour ne pas nous perdre.

A mesure que tes larmes saignent mon cœur se brise.
Plus rien ne sera jamais pareil.

Blessée.

Déroutée.

Exténuée.
Je n’ai plus la force.

Tu me déroules des faits.

Certains ont moins d’importance car tu y va crescendo.

J’ai mal de t’entendre.

J’ai mal.

J’ai si mal.
Qu’on m’achève.

Tes lèvres.
Mes joues.

Effleure.
Tu pars.
J’entends le tourbillon de ta voiture.

Je ne veux plus exister.
Ni pour toi.
Ni pour moi.
Mon lit.

Mon cœur me fait mal.

J’ai du mal à respirer.

C’est quoi cette douleur ?

C’est quoi cette souffrance ?

Pourquoi ?

J’ai fait quoi encore ?

Est-ce que je mérite encore de souffrir ?

Est-ce que je n’ai pas assez souffert ?

La nuit -

La douleur.

Le temps qui m’achève.

Le cœur froid.

Le cœur qui se glace dans la douleur.

Les yeux qui se figent les larmes en suspend.

J-1 –

Matin :

Ce n’était pas un mauvais rêve.
Cruelle.

La réalité.

Tu as pris mes espoirs.

Tu les as écrasé.
Tu les as achevé.

J’aimerais oublier.
Que tu existes.

Que j’existe.

L’existence.
N’a plus de sens.
Je marche.

J’erre.

Hypocrite.

Faire semblant.
Relever la tête.

Tenir tête.

Tu me manques déjà.

Comment je vais faire ?

Midi :

Pause

Creux

Vide.

Il s’installe au fond.

Il me creuse.

Ce besoin d’écrire pour ne pas mourir.
Pas de suite.

Je réalise que c’est la réalité.

Je réalise que je vais continuer à avoir mal.
Je réalise que je suis détruite.

Je réalise que je n’arrive même pas à bien faire semblant.
Je réalise.

Et je pleure pour la première fois.

Des larmes qui ne m’apaisent pas.

Des larmes qui me rongent.
Qui en appellent d’autres.

Cisaillantes.

Elle m’ouvre les yeux de leurs entailles.

Les sécher.

Les ravaler.
Les écraser.

Puis.

Le temps qui passe.

Lentement.

Douloureusement.

Continuer.

Faire semblant.
Faire croire à mon coeur.

Lui mentir.
Faire semblant que c'est possible.
Juste pour lui permettre d'avancer.

De pouvoir.

Faire un pas devant l'autre.

Encore un peu.
Une heure.
Puis deux.

Peut-être trois.

Avant de replonger.

De s'ébouillanter

Soir :

Ta voix. M’achève.

Encore davantage.
Je crève.

J’ai froid.

Des frissons.

De la douleur.

De l’incompréhension.
Tu me laisses le choix.

Souffrir de t’attendre.

Souffrir de ne pas t’attendre.

Souffrir beaucoup maintenant.
Souffrir beaucoup plus tard.

Souffrir.

Attendre.

Encore Attendre.
Ne pas attendre après des faits.

Attendre après des espoirs.

Qui eux seront peut-être vains.
Puis peut-être.
Pourquoi pas.
Me laisser sur le bord de la route.
Un jour.

Sans espoir.

Plus aucun.

De retour.

J’ai mal.

Je crève.

Toi tu as déjà fait ton choix.

Tu ne me vois pas.

Je suis déjà une ombre dans ta vie.

Une option.

Et quand tu pourrais tu me laisses sur le bas côté.

Oui.

Trop dur d’affronter.

Trop dur.

Pour moi aussi ça l’aurait été.

Pas de regret.

J’ai froid.

Je suis gelée.

Je tremble.

Mon ventre vide.

Des frissons.

Et l’incompréhension.

Me glace le sang.

Le cœur.

La poitrine qui se fige.

Tu rentres.

Tu raccroches.

Je ne supporte pas.

Je n’y arrive plus.

Je sature.

J’aimerais mourir sur cet instant.
J’aimerais mourir sur ta voix vu que je n’ai plus le droit à ta présence.

Je me vide de ma vie.

Je me vide de mon existence.

Je me laisse mourir dans le flot de tes absences.

Je me laisse partir.

Mademoiselle Citrouille

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