Lettre à mon Amour

par Mademoiselle Citrouille  -  3 Avril 2016, 21:09  -  #Journal Intime

Lettre à mon Amour

Mon Amour,

Cela fait longtemps que je n’ai pas vraiment écrit.

Cela m’a repris hier.

Cela me reprend parfois quand j’ai trop mal pour pouvoir le dire.

Quand j’arrive même plus à la vivre cette putain de souffrance.

Franchement parfois j’étais paumée.

Heureusement on avait des jolis souvenirs.

Je m’y tenais,

Je m’y raccrochais.

Comme aux éclats de ta voix,

Comme aux éclats de tes rires.

Je m’y tenais fermement.

Et puis à notre nous.

A un futur.

A des projets à une liste de choses dont je rêvais à tes côtés.

Je me demandais parfois à quoi cela menait.

Cette vie.

D’absence.

De solitude.

Je ne savais pas être sereine face à tout cela.

J’essayais.

Temporairement.

Mais j’avais un mal fou.

A contenir.

Je bouillonnais de l’intérieur.

Parfois j’avais un soupçon de sérénité qui me parcourait le corps.

Et j’étais sereine.

Compréhensive.

Et j’étais sereine.

Je ne m’en faisais pas.

Je ne m’en faisais plus.

Les soucis s’évaporaient.

Il y a avait juste le moment présent.

Parfois tu étais là.

Parfois tu étais absent.

Mais j’étais sereine.

Il y a avait nous,

Nos souvenirs,

Nos échanges fous,

Nos promesses,

C’est comme si tu avais toujours existé dans ma vie.

Cela faisait si longtemps en réalité que je t’attendais.

Et puis il y avait le futur,

Nos rêves de nous,

Nos rêves d’éternité.

Nos rêves d’une maison, et de voyages…

On y tenait.

On s’y accrochait.

Même si on le savait que ce ne serait pas pour demain.

Mais on tenait.

Persévérants contre vents et marées.

Et puis aussi.

Il y avait ce foutu présent.

Où le passé n’existait plus.

Où l’avenir n’était pas.

Ce foutu présent.

Je le détestais putain.

Ce présent d’absence, d’errance.

Ce présent fait de cauchemars nocturnes, de nuits blanches.

Ce présent fait de secondes trop longues pour être réelles.

Ce présent fait de ton quotidien, et d’une femme cherchant désespérément à te récupérer.

Ce présent fait de mes interrogations constantes.

Ce présent fait de toutes ces chansons que j’écoutais et qui me ramenais toujours à toi.

Ce présent fait de mon impuissance à le supporter.

Ce présent fait de mon impuissance à aimer ces putains de moments où je n’existais pas.

Où je n’existais plus.

Avant il y avait nos nuits. Il n’y avait plus de nuits.

Avant il y avait nos espoirs des nuits. Il n’y avait plus de temps pour les espérer.

Avant il y avait nos verres en terrasse. Il n’y avait plus de verre en terrasse.

Avant il y avait nos escapades. Il n’y avait plus d’escapades.

Avant il y avait nos espoirs d’escapades futurs. Il n’y avait plus d’espoirs futurs.

Avant il y avait des jours, entiers tout les deux. Il n’y avait plus nos jours. Plus de temps pour cela.

Les espoirs ils étaient pour plus tard.

Dans 3 mois.

Dans 6 mois.

Dans 1 an.

Je les voulais tellement.

Alors j’attendais.

Patiemment.

J’étais là.

Seule.

Impuissante de ce présent.

Et pourtant incapable de faire autrement.

J’étais devenue incapable de faire face sans toi.

Prête à tout surmonter, à tout accepter.

Juste pour un peu de toi.

Ta voix chaque jour.

Parfois un baiser le soir.

Quelques mots de bonne nuit, quand je l’avais mérité.

Quand ma détresse insolente n’avait pas pris le dessus.

Puis une fois par semaine 2H/2H30 en ta compagnie, dans tes bras.

Une fois par semaine tu me faisais devenir ta femme.

Ce petit temps où j’existais enfin. Physiquement.

Ou je vivais, ou je vibrais.

Où tu me redonnais le cran de rêver.

Où tu m’insufflais la force d’espérer.

Voilà je m’accrochais à cela.

Le reste du temps,

Je grignotais des bribes de moments pour me faire tenir.

Pour te respirer.

Pour t’aimer un peu mieux que ce que je faisais.

Je ne devrais pas écrire.

Tu vois, c’est ce que je pensais.

Ecrire c’était me livrer.

Me livrer, c’était prendre un risque.

Celui de te faire douter de nous.

Celui de te faire peur de ce que j’étais.

Je sais que tu n’es pas dupe, que tu me connais.

Mais voilà.

Ecrire c’est laisser une trace de mes maux, de mes douleurs.

Je ne sais pas, c’est un peu comme foutre ma culpabilité sur l’éternité.

Ma culpabilité de mes colères et de mes rancoeurs.

Ma culpabilité de ma tristesse, alors que oui, oui, oui, oui JE SAVAIS.

Putain, oui je le savais, et j’ai foncé, j’ai foncé comme une évidence.

OUI PUTAIN, Je le savais que tu n’étais pas à moi.

Mais en fait si, c’est à elle que tu n’es pas. Sinon tu ne serais pas là.

Sinon on aurait réussi.

On y serait parvenue. A vivre de cette « légèreté ».

Cette légèreté que l’on a même jamais voulu au fond de nous

C’était écrit. C’était gravé.

Le silence ne fait pas d’erreur.

Le silence ne brise pas.

Les mots… ils détruisent, ils affectent, ils retournent le cœur, ils retournent nos vies.

Les mots sont cruels, ils sont terribles.

Ce que l’on écrit ne s’efface pas.

Les mots sont sauvages.

On ne les contient pas.

Ils s’expriment, ils s’impriment.

Et moi,

Stupide.

Naïve.

Je ne pouvais pas m’en empêcher de t’écrire.

Putain mais j’aurais mieux fait de la fermer ma petite bouche insolente.

Impossible.

Alors j’écrivais.

Comme pour mieux retourner ce couteau que tu avais visé sur mon cœur.

Et pourtant,

Si tu savais,

Tout ce que je pouvais garder en moi, de mes craintes, de mes douleurs, de mes déceptions.

Je tenais.

Grâce à tes mots, à tes promesses de demain.

Je tenais.

Parce que juste… je t’aimais follement.

C’était inenvisageable de faire autrement maintenant.

Tu vois.

J’oscillais.

Un jour je rêvais, si fort qu’un sourire d’espoir se dessinait sur mes lèvres.

Si fort que rien ne pouvait ébranler mes espoirs de nous.

Le lendemain, je doutais, je t’imaginais avec elle, je t’imaginais lui raconter encore tes journées, partager encore un sourire avec elle, je l’imaginais essayant de s’imprégner de ta peau la nuit lorsque tu dormais, je l’imaginais sa bouche sur ta joue, parfois un baiser volé…. J’imaginais parfois tes bras autour d’elle pour l’apaiser, lui dire que ca va aller…. je l’imaginais, l’espace d’un instant, réussir à faire de moi une aventure sans lendemain, comme les autres…

Et j’avais peur putain,

Je flippais totalement.

Et j’avais mal putain,

J’en tremblais, j’en crevais.

Les soirs où tu ne m’écrivais pas, je t’imaginais lui faire l’amour, même sans désir, juste pour lui faire plaisir.

Voilà.

Ma vie elle était ainsi.

Un jour blanc, teinté, de rose, d’amour, de passion, de rêves infaillibles.

Un jour noir, teintée de gris, de larmes intérieurs, de peurs que je ne pouvais plus contenir.

J’étais à fleur de peau de t’aimer.

A fleur de ma vie.

Je me réveillais prête à décrocher la lune.

Je me couchais avec le souhait de mourir pour ne plus subir cette douleur au fond de mon cœur.

Je savais même plus ce que je désirais.

Si je ne te voyais pas, j’en souffrais. Une douleur quotidienne, une douleur qui assomme mais une souffrance sereine.

Si je te voyais. J’étais heureuse. Trop heureuse. Tellement heureuse. Je tournoyais de bonheur. Puis tu partais.

Et une douleur violente, des frissons dans tout le corps.

Je déconnectais totalement de la réalité.

Je crois que cette souffrance était si puissante que je pouvais en mourir.

Je crois même que j’avais la certitude que cela finirait peut être ainsi.

Toi et moi pour la vie.

Ou alors Toi et moi pour là haut.

Voilà.

Y avait pas d’autres alternatives. C’était ainsi.

Parfois je me plongeais aussi dans le silence.

Je ne pouvais pas te faire subir mon absence, impossible.

Je le voulais même pas.

Alors je me taisait.

J’écoutais.

Je souffrais silencieusement.

Pour ne pas te blesser.

Pour ne pas te perdre.

Et puis je me demandais aussi..

Et toi ?

Toi dis moi ?

Ou non ne me dis pas…

J’ai peur de tes mots aussi parfois.

Ils sont toujours choisis avec soin, délectation.

Ils font mal eux aussi.

Ils font peur.

En fait si,

Dis moi,

Je te manque ?

Un peu ?

Beaucoup ?

Terriblement ?

Tu la ressens toi aussi cette souffrance ?

Tu as mal parfois aussi ?

Dis moi ?

Tu y crois à nous hein ?

Dis moi ?

On va vivre ensemble hein ?

Tu feras de moi ta femme ?

Dis moi… ?

Tu m’aimes comment ?

Dis moi… ?

Que tu aimes m’embrasser.

Que tu aimes me faire l’amour.

Dis moi…

Que tu ne peux pas te passer de moi,

Que tu ne peux plus.

Dis moi…

Que je dois continuer à rêver, à espérer, à te désirer dans chaque instant de ma vie

Que l’on va y arriver, que tu feras tout pour me rejoindre à tout jamais.

Dis moi,

Que l’on ne sera plus jamais séparé,

Que nos nuits seront toujours l’un avec l’autre.

Que nos week-ends seront les nôtres,

Que les courses que l’on fera seront pour nous.

Que je serais dans tout tes projets.

Que je serais dans chaque souffle de ta vie.

Dis moi….

Que tu me veux,

Que m’espères,

Que tu me désires.

Que toi non plus tu n'y arrives plus sans moi.

Dis moi,

Que je suis dans tes projets, dans tes rêves dans tes demains.

Que tu me cherches la nuit dans tes rêves, dans ton lit.

Que tu as besoin de nous pour vivre.

Dis moi, que tu m’aimes.

Rassure moi.

Dis moi,

Ce que je veux lire, entendre,

Mais ne le dis pas, si tu ne le penses pas.

Mais dis moi quand même,

Est-ce que tu es mon rêve ?

Ou..

Est-ce que je suis le tien ?

Ou peut-être sommes nous un seul et même rêve...

Je t’aime mon unique et grand Amour,

Mademoiselle Citrouille

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