Je crois, qu'il avait raison

par Mademoiselle Citrouille  -  22 Mai 2016, 11:07  -  #Journal Intime

Je crois, qu'il avait raison

Je crois qu’il avait raison.

Elle avait tous les dommages collatéraux de l’absence d’un père, d’un père qu’elle voulait aimer sans jamais y arriver.

Elle voulait une relation, une jolie relation qui n’existe que chez les autres.

Puis elle avait lâché l’affaire.

Franchement, déjà si elle pouvait réussir à pardonner.

A comprendre à saisir.

A arrêter de se voiler la face…

Peut-être qu’elle avancerait.

En fait je crois qu’il faut qu’elle arrête de chercher à pardonner à tort et à travers tout ceux qui lui font du mal.
A force de pardonner elle continue à reproduire des schémas douloureux.
Elle continue à prendre les mauvais chemins, les mauvaises décisions.

Et elle fonce dedans, en plus, sur de moi.

Mais qu’elle est con cette gamine, c’est pas possible.

Incapable d’être raisonné ou raisonnable.

Incapable de nuances.

Incapable de choisir entre vivre ou mourir.
Toujours sur le fil.
A se demander ce qu’elle va choisir.

On ne sait jamais vraiment à la fin de la journée, de la nuit, de la semaine, si elle sera toujours là.

Puis elle, ouvrait les yeux progressivement.

Celui qu’elle aimait lui faisait ouvrir les yeux.

Il fallait qu’il arrête de faire ça.
En faisant cela il l’enchainait.

Voilà.

Elle avait déjà la haine contre son père et puis maintenant c’était au tour de sa mère.

C’était plus dur.

Sa mère, c’était son repère.

La seule toujours là.

La seule.

Depuis le début.

Depuis le commencement.

En fait elle était à moitié là.
Présente mais absente.

Et maintenant c’était lui qu’elle aimait.

Et lui il était pas foutu de l’aimer correctement.

Elle, elle l’aimait assez, assez fort pour le ne pas le blesser.
Pour tenter de le protéger, de le rassurer.
Mais lui.

Il n’y arrivait pas.

Il n’y arrivait même pas.

Elle avait lâché l’affaire.
Elle n’espérait même plus vraiment une vie à deux.

Elle voulait juste son attention, son respect, qu’il fasse des choix.
Mais ca ne n’était pas possible.

Il n’en était pas capable.
Pour lui choisir c’était renoncer.

Elle voulait se construire mais elle pouvait pas.
On ne peut pas se construire seule quand on rêve à deux.
Un jour elle l’admirait.

Le lendemain elle le détestait.

Il la décevais.

Malgré lui, un peu plus.

Comme si il tentait de la faire fuir.

Mais elle restait.
Naïve.
Idiote.
Croyant vraiment à ces putains de contes de fée ou l’amour est plus fort que tout.

Mais franchement, tu te réveilles oui ?

La vie c’est pas un roman d’amour hein, vraiment pas.

Mais elle.

Elle y croyait toujours au fond d’elle.

Un instant elle avait l’impression que tout était possible.

Le moment d’après tout s’écroulait.
Elle s’oubliait.

Elle s’échappait.

Elle se détruisait.
En fait elle se demande.
Pourquoi je elle s’est loupée ?
Pourquoi elle a passé ce putain de coup de fil ?
Pourquoi elle fait ca ?

Pourquoi je n’en avais pas plus ?

Pourquoi je n’en ai pas pris plus ?
Pourquoi je n’en suis pas morte ?

Pourquoi ?

Pourquoi quand on veut vraiment quelque chose ca ne fonctionne pas…
Elle se demandait sans cesse…

Pourquoi vivre et souffrir ?

Pourquoi donc ne pas mourir sur un éclat de rire … ?

Et puis il était là lui.

A la fois sa raison de vivre

Et puis aussi celle de mourir.

C’est triste putain.

C’est si triste.
Elle aurait enfin pu être aimé.

Il savait faire.
Mais il ne faisait pas.

Il savait parfois.

A de rares instants,

A de doux moments.
L’aimer comme elle le méritait.
Puis le jour d’après,

Un soir, un moment, tout lui échappait.
Elle aussi elle lui échappait.

Il ne s’en rendait pas compte.

Car elle était toujours là.

A essayer de comprendre, d’attendre.

Mais il était là.

Comme si le fait de la blesser davantage lui permettrait de se détacher d’elle.
Comme si elle allait finir par se lasser de souffrir.

Comme si elle allait finir par arrêter d’attente.

On aurait qu’il voulait qu’elle parte.
Il n’aurait pas eu à porter la responsabilité de cet échec.

De cette histoire avortée.

Elle,

Naïve,

Stupide,

Attendait.

Comme on attend de tenir une étoile dans ces mains en regardant le ciel un soir d’été.

Elle attendait.

Elle n’avait pas la force de rester.
Elle n’avait pas la force de partir.

Alors elle attendait.
Qu’il fasse des choix.

Ou qu’il n’en fasse pas

Elle pensait avoir tout quitter pour la liberté.

En fait elle s’était enchainé davantage.

Lui il s’en foutait de l’effet papillon.

Elle, elle le préservait, envers et contre toi.
Contre vents et marées.
Mais lui,

Il s’en foutait.

Il savait ce qui pouvait la blesser mais il y allait.

Elle ne comprenait pas.

Elle ne comprenait plus.
Les mots d’amours, les gestes tendres se bousculaient dans sa tête,

Ils se heurtaient de plein fouet à la réalité des actes et d’un quotidien qu’elle ne maitrisait pas.

Après lui,

C’était sur.
Elle ne pourrait plus aimer.

Plus jamais.

Il lui avait volé cela.

Sa capacité à aimer.
Il lui avait pris son cœur.
Malgré elle.
Malgré lui.
Ou plutôt elle lui avait donné entièrement comme ca.

Sans se poser de question.

Elle n’était pas très futée.

Elle lui avait donné sans même chercher à savoir ce qu’il en ferait.

Aujourd’hui c’était trop tard.

C’était froid en elle.

C’était douloureux.

Comme un vide qui avait pris toute la place.

Comme un vide dont elle était amoureuse.

Il était incapable de la quitter.

Mais incapable de faire des choix.
Et elle,

Elle était incapable de le quitter.

Mais incapable de supporter.

Elle savait,

Que cette histoire serait un drame.

Une fin tragique.

Elle savait,

Que c’était l’histoire qui la détruirait.
A défaut de la sauver.

Triste histoire,

D'une gamine esseulée qui n'y arriverait pas.
On le sait déj
à.

Mademoiselle Citrouille.

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