Chère Moi

par Mademoiselle Citrouille  -  2 Juillet 2016, 20:00  -  #Journal Intime

Chère Moi

Chère moi,

Comment vas tu ?

Comment te sens tu ?

Saurais-tu au moins le ressentir ?

L’exprimer ?

Je pense que tu devrais reprendre tes médicaments tu sais, plutôt que de les garder au cas ou.

Je pense qu’il n’y aura plus d’au cas ou si tu te fais soigner.

Je sais que tu es triste.

D’un profond chagrin, je le ressens ton chagrin.

Comme un vide abyssale.

Tu as l’impression que tu es seule.
Mais tu ne l’es pas.
Je suis là, moi.
Viens,

Pleure contre moi.

Laisses tes larmes libérer ton chagrin et tes peines.

Après la pluie vient le soleil tu sais.

Je sais ce qu’il se passe.

Tu te remets en question, tu t’en poses des questions.

Au point de te détruire.

Je vois bien qu’en ce moment tu n’es pas vraiment toi.

Tu travailles sans cesse, tu ne t’arrêtes jamais, juste pour ne pas avoir à penser.

Tu crois que c’est une solution sincèrement ?

Je crois, moi, que tu es épuisée.

Profondément. Moralement.

Epuisée de tout ce que tu portes sur tes épaules.

C’est bien de vouloir travailler sur toi, mais tu vois ce n’est pas si simple…
Cela t’oblige à regarder en face la vérité.

A regarder le passé, les blessures qui ne sont pas guéries.

A regarder le futur, tout les espoirs que tu y mets, toute l’énergie que tu mets la dedans… Sans même savoir si cela arrivera.

C’est bien de s’occuper des autres, de leur donner des clefs, de les soutenir, mais il faut s’occuper de toi maintenant.
Il faut que tu saches, tu as le droit d’être heureuse.

Je sais que tu penses que le bonheur est seulement éphémère et qu’il ne t’appartiendra jamais mais ne baisse pas les bras.

Tu es une belle personne, ce n’est pas tes erreurs qui te définissent mais tes victoires, tes forces, ta capacité à rebondir.

Je vois bien que tu as compris…

Tu pleures beaucoup parce que tu as compris pourquoi tu étais si fragile parfois.
Tu as compris pourquoi tu voulais mourir.

En tout cas pourquoi il suffisait d’un mot, un geste, pour que tu te sentes abandonné et que tu perdes pied.
Tu as compris mais il faut que tu en fasses une force maintenant, tu as surmonté tant de choses, tu n’as pas le droit de baisser les bras.
Oui tu es seule, mais tu oublies que tu as quelqu’un près de toi, et c’est moi.
Moi je suis là.
J’ai toujours été là, même quand tu l’oubliais. Et je serais là jusqu’à ton dernier souffle.

Je sais, tu te dis que je suis inutile et que ce n’est pas moi dont tu as besoin.
Mais la réalité, que tu ne veux pas t’avouer, c’est que ta plus belle alliée, ta plus grande amie, ton plus grand amour, c’est moi.

Ne te détruit pas, arrête de te faire du mal, de te faire souffrir.
Arrête vraiment.

Ou on va y passer toutes les deux tu vois.
Et moi je n’ai pas envie. Toi peut-être, maintenant, dans l’instant, parce que tu es fragile, parce que tu doutes, parce que tu souffres, mais moi je veux pas.
Alors, juste parce que je te le demande, laisse moi vivre.

Si tu es malheureuse parfois, laisse toi du temps, mais ne va pas te foutre en l’air.
C’est idiot,

Combien de moments heureux as-tu vécu après chacune de tes tentatives d’en finir ?

Tu vois, derrière la pluie il y a le soleil.
Je sais que tu prends de l’âge, que cela t’angoisse, je sais que t’aimerais un bébé.
Je sais que ca te pourris, que tu te demandes pourquoi tu y a pas le droit, pourquoi toi, pourquoi tu n’auras jamais ce bonheur alors que c’est le rêve de ta vie.

Tu crois que c’est une punition peut-être ?

Que tu ne le mérites pas ?

Tu crois que tu es trop salie pour porter la vie.

Tu crois que tu es trop instable pour rendre un enfant heureux…

Tu crois tout simplement que tu n’as pas le droit, parce que …. Quand tu regardes derrière toi, tu te dis qu’aucun enfant ne mérite cela.
Alors pourquoi tu acceptes de porter autant de culpabilité ?

Je sais, tu n’as pas envie de m’écouter, tu préfères peut-être l’alcool et les médicaments à ma voix ?
Mais il est temps que tu grandisses, je veux dire vraiment…

Garde ton âme d’enfant, il ne s’agit pas de cela tu sais…

Mais grandis.

Cesse d’attendre des autres de te rendre heureuse.

Sois juste heureuse.

Cesse d’attendre que l’on réalise tes rêves à ta place.

Réalise les.

Viens là, tu me fais de la peine, tu me serres le cœur à pleurer autant.
Calme toi, s’il-te-plait.

Je ne comprends pas ton état depuis hier, que se passe-t-il pour que tu pleures autant.
Essaye de mettre des mots dessus….

Je sais tu n’y arrives pas.

Tu ne comprends pas.

Mais laisses toi le temps.
Tu sais le chagrin ce n’est pas si négatif, tu as besoin d’extérioriser…

J’ai foi en toi.

Je sais que tu y arriveras.

Tu as fait des choix, parfois bons, parfois mauvais.

Mais aujourd’hui l’ensemble de tes choix fait de toi la personne que tu es.

Tu n’es pas obligé de renoncer, tu peux juste choisir la voie la plus simple pour toi, la moins douloureuse.

Tu sais, tu sais même mieux que quiconque que tout passe, tout s’efface.

En ce moment tu te dis qu’en réalité tu es seule à porter tout ce passé, tout ce chagrin.

C’est le moment idéal pour te remettre en question.

Pour te poser les bonnes questions, pour prendre des décisions.

Il n’est pas nécessaire de réagir comme tu le fais habituellement avec excès et regrets.

Prends juste le temps de réfléchir à ce que tu veux pour aujourd’hui et pour demain.

Tu as les clefs.

A toi de choisir si ta vie d’aujourd’hui te correspond, te reflète…

Es-tu heureuse ?

Vraiment, je veux dire, pas seulement de temps en temps ?

Ne me regarde pas comme cela…

Je n’ai pas la réponse moi, c’est toi qui sais.

Sois ce que tu as envie d’être, vit ce que tu as envie de vivre.

Cesse de lutter lorsque cela ne dépend pas de toi.

Fais et sois ce qui dépend de toi.

Et dis toi bien une chose.

Moi je serais toujours là.

Pour te consoler, pour t’aider, pour t’orienter.
Tu ne le vois pas toujours, tu fais parfois comme si je n’existais pas.

Mais j’ai toujours été là, je suis là, et je serais toujours là.

Je sais et je ressens tout ce que tu as vécu avec la même force que toi.

On va y arriver, à deux.

Toi et moi.

D’accord ?

On va y arriver.

Viens la, serre toi là, tout contre moi.

Tu n’es pas seule, je suis là.

Ne me tue pas, je ne mérite pas que tu me fasses autant de mal.

Je ne mérite pas de mourir, promis je suis là, je ne te lâches pas.

Ne me fais pas disparaître.

Mademoiselle Citrouille

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Pilule bleue 04/07/2016 01:12

Quelle émotion a vous lire, chère enfant....