Un chagrin de printemps

par Petite Plume  -  7 Avril 2020, 18:53

 

 

 

Il flottait dans l’air comme un doux parfum de printemps.

Pourtant le froid m’engourdissait encore un peu, le vent glaçait encore mon être tandis que le soleil se pâmait sur ma peau pâle.

J’étais là, un peu abasourdie par tout ce qui se passait en dehors de ce cocon, ou ce qui ne se passait plus d’ailleurs.
Les rues désertes, les gens qui se tiennent à distance.

Je crois que j’apprivoisais doucement cela.

L’univers qui se pavanait de nous voir enfermés, la nature qui reprenait ses droits.
Et malgré tout, mon petit égo qui se demandait ce que nous étions en train de devenir.

Chaque jour je réalisais l’étendue de ce gâchis.

De nos vies, de ma vie, que l’on s’évertuait à garder sous contrôle.

Moi je me raccrochais encore à des bribes.
Les promesses avaient disparues depuis longtemps, je me contentais du peu, quelques mots d’attention, un mot d’amour dissipé parfois, par ci, par là.

J’avais appris à dompter tes silences, tes absences.

Je me contentais de presque rien.

Cela ne me suffisait pas bien sûr, parfois j’étais à saturation, parfois j’avais plus qu’une envie, dire non.

Reprendre ma vie en main.

Mais finalement je restais.

Clouée sur place.

Tu étais dans chaque instant de ma vie, je n’avais pas envie de faire sans toi, mais je n’avais plus envie de faire sans moi.

Je ne pleurais plus, je ne riais plus, mais j’étais toujours là.

Finalement, cent fois j’aurais voulu mourir, que dis-je, beaucoup plus.

Tu m’as fait sentir aussi morte que vivante.

Et je me raccroche encore aujourd’hui à des détails, à des broutilles, à une nuit avec toi quand l’occasion se présente, à une escapade une fois par an.

Mais il n’y a plus rien, plus de projets, plus d’espoirs.

Avant je me tenais, à toutes nos illusions.

Alors je te demande pardon.

Pardon de ne plus y croire.

Pardon de quand même le vouloir.

Alors voilà, j’étais là, encore, et toujours, émotive et sensible, à coucher les mots sur le clavier.

Je déversais mon trop plein et mon trop peu dans des mots parfois indélicats, incapable de raisonner mes pensées.

J’aurais voulu détruire ce que je ressentais pour ne rien briser.

Mais il était trop tard.

Mes douces mains, ne pouvait plus rien, déjà emportées par un trop lourd chagrin.

 

Princesse Plume 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :