Divagations d'un samedi d'ennui

par Mademoiselle Citrouille  -  9 Janvier 2016, 20:01  -  #Journal Intime

Divagations d'un samedi d'ennui

Je ne sais plus quoi faire.

Pour accepter.

J'aimerais lutter.

À armes égales.

Oui tu m'as coupé la seule chose qui m'aidait à accepter.

Je dirais plutôt qui m'aidait à gérer.

Tu ne le sais pas...

Alors je vais t'avouer un petit secret.

Je suis un ange.

Pas un ange mignon et doux avec des jolies ailes.

Non.

Un ange.

Un vrai.

Je peux m'envoler sans délirer.

Je peux m'échapper.

Sans que personne ne me voit voler.

Je coupe tout.

Je m'éloigne.

Je m'évade.

Le regard qui taille la route.

Je vois trouble.

Avec le monde qui s'écroule.

J'arrive à partir très loin.

À couper ce lien entre mon corps et mon coeur.

Je peux m'envoler éveillée.

J'arrive à fuir.

Alors je vole.

Haut.

Si haut.

Que je t'échappes.

Nous n'avons plus le choix.

Je dois survivre.

Je dois vivre.

J'ai du mal à gérer toutes les incertitudes qui m'entourent.

J'ai du mal à accepter de ne pas savoir ce que tu fais, quand, comment....

J'aimerais bien moi aussi pouvoir savoir de quoi demain sera fait.

J'aimerais savoir quand est ce que l'on aura le droit de vivre normalement...

Tu sais ....

J'ai jamais vraiment aimé la normalité.



Mais Aujourd'hui j'en rêve.

Aujourd'hui mon rêve c'est la vie de Monsieur et Madame Tout le monde.

Voilà mon rêve c'est d'aller chercher le courrier devant notre maison, de sortir les poubelles, de te demander si tu as eu la banque par rapport à je ne sais quoi, te dire que j'ai pas eu le temps de faire le plein d'essence de la voiture mais que j'irais demain matin.

Voilà moi je veux juste des trucs comme ça.

Les trucs que tout le monde peut vivre sans même se rendre compte que c'est précieux.




Voilà.

Ce soir pour la première fois je sais que je ne suis qu'un ange.

C'est tout.

Un ange transparent.

Qui fait attention à ne pas laisser de traces pour te protéger.

Qui s'efface pour te préserver.

Je ne sais pas si cela me plait ou pas.

Je crois que cela ne me plait pas.

Mais je ne l'ai pas choisi.

Je n'ai pas choisi de t'aimer en secret.

Enfin si j'ai choisi de te vouloir.

De risquer de me perdre pour un peu de toi.

Tu te demandes où je veux en venir la...



Pourquoi je balance des mots sans raison?

Je veux en venir nul part.

J'avais besoin de parler.

Je ne peux pas parler.

Pas vraiment.

Si je parle de mes doutes...

On va me dire que je savais, que c'est ma faute, c'est mon problème, que j'avais pas à aller vers toi.

Et puis si je te parle de mes doutes à toi...



Tu vas me dire que tu ne sais pas ...

Que tu peux pas me promettre des choses.

Que tu ne sais pas quand cela sera possible.

Que tu ne sais pas si cela sera possible.



Pas grave j'écris.

Ici.

Je vis,

Mes mots c'est mon souffle.

Quand j'écris je respire.

Un peu.

Moins bien que quand tu es la.

Mais je m'accroche aux syllabes comme à un rivage.

Je n'échouerais pas.

Je reste.

Je tiens.

Tu es mon rêve.

Et je n'accepterais pas que tu ne te réalises pas.

Mais en attendant.

Je dois garder la tête haute.

Je dois soigner mes ailes écorchées.

Je dois vivre.

Je dois essayer de respirer.

Mais j'ai le souffle coupé.

J'ai les mains qui me brûlent d'écrire mes doutes.

Et puis je parle peut-être trop.

C'est pas un journal intime ici.

Je devrais pas.

Mais je le fais quand même.

Je m'écroule.

Je coule.

Puis je remonte à la surface.

J'essaye d'y rester.

J'essaye de tenir.

Malgré mes appréhensions.

Malgré mes questions.

Je n'ai pas de réponse.

Je n'aime pas cela.

Tu crois quoi en fait ?

Que tu peux être jaloux mais que moi je n'ai pas le droit de l'être ?

Tu crois que moi ça me fait quoi tout ça ?



Tes nuits près d'elle.

Ses frôlements contre toi.

Vos dîners ensemble.

Vos discussions.

Votre vie commune toute simplement.

Tu crois que j'endure quoi au juste ?

Que je n'ai pas le droit d'avoir peur ?

Que je dois être certaine en tout lieu et en tout temps ?

Tu crois que je suis assez forte et confiante pour gérer ?

Tu te trompes.

Je sais bien que tu fais de ton mieux.



J'entends déjà ta petite voix intérieure....

Je fais ce que je peux.

Sois patiente.

Je t'aime.

Attends moi.

Tu n'as pas de raison d'être jalouse...

Je l'entend mais tu sais comme moi.

La jalousie détruit.

La jalousie n'écoute pas la raison.

La jalousie n'a pas de réflexion.

Voilà.

Oui je la connais ta petite voix intérieure.



Merci d'ailleurs.

Sincèrement merci.

Car malgré mes doutes, malgré mes peurs je sais que tu es là pour nous.

Je sais ce que tu fais.

Je sais où tu vas.

Et je sais que "nous" est la finalité.

J'avais besoin de papoter.

J'ai aussi mon chat pour m'écouter mais je préfère écrire.

Tu as remarqué dans écrire il y a rire ...



Bref on s'en fiche.

Je vais errer.

Je vais me détester.

Jusqu'à la prochaine fois où je te verrais.



Et puis en attendant je vais retourner voler.

Avant j'y arrivais que dans mes rêves.



Maintenant je sais vraiment voler.

Alors je vais encore le faire.

Parfois je comprends mieux pourquoi j'aimerais tant mourir.

Certains prennent cela pour de la bêtise.



Moi je crois en réalité que la haut c'est le plus bel endroit du monde.

J'ai bien le droit de penser ce que je veux.



Je serais bien la haut.

Si bien.

Le coeur délesté des espoirs vains que la vie à mis sur mon chemin.

J'aimerais tellement ne plus le sentir battre.

Qui ?

Mon coeur, voyons.

Ne plus souffrir de tout cela.

Mais partir cela signifierait te quitter.

Et je ne suis pas en mesure de m'y résoudre.

Non...

Je ne sais pas vivre sans toi.

Mais je ne saurais accepter l'éternité loin de tes baisers.

Mademoiselle Citrouille

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