J'étais cette fille là - Chapitre 11

par Mademoiselle Citrouille  -  10 Janvier 2016, 22:44

J'étais cette fille là - Chapitre 11

J'étais cette fille là.

Je riais aux éclats.

J'en pleurais de rire.

Je vivais.

Je refaisais le ciel de ma joie.

J'aimais cela rire.

Faire éclore le ciel avec mon bonheur.

Le dessiner.

Le peindre.

Éveiller mon bonheur.

T'y inclure aussi.

Et puis comme cela.

Avec raison ou sans raison.

Mon visage s'assombrissait.

Les doutes s'immisçaient.

Violents.

Assourdissants.

Ils venaient me tirailler.

Me déranger.

Chatouiller mon bonheur avec des peurs.
Je me mettais à paniquer.

J'essayais de récupérer mes moyens.

Ma carapace.

Ou était-elle ?

J'allais devoir faire vite.

Reprendre mes esprits.

Récupérer mes éclats de rire au plus vite.
Trop tard.

Je restais impassible.

Le visage fermé.

Je voulais l'éviter à tout prix.

Éviter les larmes.

Gardez la tête froide.

Me montrer forte.

Tu sais je te l'avais déjà dit mais j'étais une fille forte.

En tout cas pour sauver les apparences.
Voilà.

Je crois surtout que je savais me voiler la face.

Je m'étais créer un monde rien qu'à moi.
Pour fuir la réalité.

Pour fuir les banalités d'une quotidien parfois désolant.

Pour fuir les douleurs que me causait mon coeur.

Un petit monde bien dessiné.

Avec des voeux.

Des anges.

Des ailes.

Des rires.

Un renard.

Des nuages.

Des jolies phrases.

De la poésie.

De l'amour.

De toi.

J'étais cette fille là.

Un temps, j'avais tenté de te tenir à l'écart de mon univers.

Mais finalement tu étais parvenu à t'immiscer dedans.

C'est là que tout vacillait.

Que je vacillais moi-même.

Toi qui me troublais.

Toi qui m'enivrais.

Toi qui me blessais.

Tu avais accès à cette cachette secrète.
Tu avais accès à mon bonheur.

Parfois tu te contentais de le contempler.
D'autres fois tu y participais.

Mais la plupart du temps tu le détruisais.
Avec des tes absences.

Tu détruisais mon univers.

J'étais incapable de reprendre la main là dessus.

Incapable de te fermer les portes de ma vie.

De mon univers.

Tu étais une pièce du puzzle.

Si tu partais rien ne pourrait jamais aller.

Tu étais essentiel à mon bonheur.

Et paradoxalement tu étais la raison de mes errances.

De mes souffrances.

Avant toi personne n'avais eu accès à cet univers Si particulier.

Si secret...

Et puis voilà que tu étais là.

Comme une éclipse à la joie.

J'étais cette fille là.

Celle qui se laissait posséder.

Celle qui se laissait désirer.

Celle qui se laissait à toi.

Qui abandonnait la liberté pour errer.

Qui abandonnait les rêves pour la réalité.
Qui crevait de tes absences pour un peu de ta présence.

Qui vivait dans tes silences pour un peu de ton amour.

Voilà.

Tu m'avais fait captive de ta vie.

Tu étais à la fois mon poison et mon antidote.

Tu étais mes douleurs et mon bonheur.

Tu étais mes nuits ma vie.

Tu étais mes chagrins et mes rires.

Tu étais mes craintes et mes espoirs.

Tu étais ma serrure et ma clef.

Quoi qu'il adviendrait.

Je t'aimais.

Je me voulais prisonnière pourvu que ce soit de ton coeur.

Je t'avais laissé m'écorcher les ailes à vifs pour me garder près de toi.

Je t'avais laissé me faire saigner le coeur pour te laisser y inciser tes rêves d'amour.
J'acceptais ta morsure.

J'acceptais ton poison.

J'acceptais de te laisser ma vie.

Au risque de la perdre.

Tu m'avais mise à nue.

J'étais là.

Fragile.

Vide.

Creuse.

Plus rien ne riait sans toi.

Plus rien ne vivait sans toi.

J'étais morte.

J'avais été ta proie malgré moi.

Malgré ce que tu pouvais penser.

J'étais prise à mon propre piège.

Impossible de m'echapper.

Impossible d'avancer sans toi.

La seule échappatoire à tout cela c'était la mort.

Je ne pouvais m'y résoudre.

Je ne pouvais pas envisager que tu me manques encore plus.

Encore plus souvent qu'aujourd'hui.

J'étais cette fille là...

Celle qui fait le noeud de la corde.

Celle qui fait couler ses propres larmes.

Celle qui s'enterre dans son propre chagrin.

Mademoiselle Citrouille.

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Nathalie 12/01/2016 16:14

Si vrai tout ça...sans l'idée de la mort...

Mademoiselle Citrouille 12/01/2016 18:23

C'est quoi alors l'issue ? :-)